mercredi 13 mars 2019

Texte expert y mental


un texte expert - y mental - je voudrais - les neurones bordel! - rouge le pull de Christine de - la margelle - Gwendo tousse - écrire un texte - des feuilles volent sur la pelouse - bleu derrière les buissons - pas du foutage de gueule - j'vous jure, j'ai jamais couché avec - oiseau, bel oiseau, si ton ramage - je ne mange plus de camembert, c'est trop - Bébert, ah oui Bébert ... - ? qui ira jusqu'au bout de la lecture de ce - le vent - la brise - bise - clac - le fenêtres - c'est de l'anti-rédac - c'est réac - les nonnes - où sont les nonnes ? - domino minette - pot et zie ? - et zut - à mort l'ordre ! amor - amor - je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant - plagiat - plagiat pas - faire de la musique - je voudrais - silence - me scier le crâne - flûte - Christophe et sa flûte - Mozart ? - Lacrimosa tout à l'heure - j'ai pleuré - papa ! - je voudrais - toutes mes dépendances à la poubelle ! - je voudrais - l'après-midi d'un faune - phone et tic - et tac ! - je voudrais - la paix - le soleil doux sur les rebords de mon chapeau - je voudrais - je voudrais - koa ? fait la grenouille - le corbeau croate - mon cerbo, des lyres - encore moins écrire - ressentir sans entrave - des vers doux où la rime fluide se délie - le poète de Lille - sans les mains ? - je voudrais - je voudrais - je vous remercie - 
les nuages dans le ciel
se chargent d'idées noires

P.S. tagada tsoin soin ... belle arnaque vos beaux yeux ... ne pas en faire tout un piano...

vendredi 23 février 2018

Stupides serpents



       
Stupides serpents


Dans les temps reculés, les sages animaux
Pour une cause obscure avaient privé de mots
Au grand conseil des bois, les reptiles déments
Qu’ils avaient surnommés les « Stupides serpents ».

Vipères, couleuvres, aspics et cætera
Sans voix au chapitre continuèrent tout bas
Dans les vallons obscurs leurs rites primitifs
Refusant leur destin comme définitif.

Voilà qu’un triste jour, la roue de la fortune
Remit sur le devant toutes leurs vieilles lunes.

C’est par un grand malheur que l’affaire commença.
Un immense incendie aux alentours des bois
S’ajoutant à la guerre ravagea les contrées,
Chassant hors de leur toit grand moultes réfugiés.

Les langues de vipères aboyèrent d’abord
« Tous ces sales intrus vite par-dessus bord ! »
Criaient-elles à tue-tête dans toutes les clairières
Montrant leur vilenie sans faire de manières.

Aspics et cobras y allèrent ensuite
De leurs crocs venimeux, donnant la mort très vite
A tous ceux qui n’étaient pas natifs de nos terres.
Quelle funeste erreur fut-ce de laisser faire

Et d’oublier ainsi la morale des cieux !
Car vint bientôt le tour des trop laids, des trop vieux.
Tous ceux qui par hasard déplurent aux reptiles
N’eurent même pas le temps d’écrire un codicille.

Comment, me direz-vous, de cette lourde histoire
Les animaux enfin lavèrent leur mémoire ?

Eh bien, je vous le dis, ils durent leur salut
Aux putois, musaraignes et à tous ceux qui puent.
Qui puent mais ne répugnent à manger du serpent
En préservant ainsi les réflexes d’antan.

Or ils étaient nombreux à venir d’outre-bois.
Ce sont leurs survivants qui ouvrirent la voie.
Beaucoup se sacrifièrent, des sans-nom, des sans gloire
Mais c’est pourtant ceux-là qui firent la victoire.

Les « Stupides serpents » dans la nuit repartirent.
On put alors entendre de nouveau des rires.
Partout il fut gravé afin que tous le voient
« Plus jamais de S.s. au grand conseil des bois ».


samedi 16 décembre 2017

Johnny




                                              Johnny,
Les mots n’étaient pas de toi
mais tu avais la voix.
Celle qui, sur mes aventures
de bande-dessinée
mettait de vraies blessures.
Celle qui, sur mes émerveillements
de fête foraine
jetait le black
pour que brillent les ampoules électriques
sur les manèges où l’on se serre contre les filles.
Celle qui rassemblait mes âmes louves
pour les faire hurler à l’amour.
Celle qui réveillait
de mes meutes alanguies
le blues
quand la mort et la vie
sur un rythme de rock
s’épousent.
Alors
Johnny, dans ton habit de paillettes
en vrai Chevalier du Ciel
les mots n’étaient pas de toi
mais tu avais la voix.

dimanche 12 novembre 2017

Méditation devant la mer



    Devant cette mer immense et grise, devant ces îles allongées dans leur platitude modeste comme pour ne pas déranger l’horizon, devant ces nuages irrésistibles tout à leur course immuable, devant ces pierres assemblées et blanchies en tentatives de maisons, minuscules spectatrices qu’un théâtre s’est donné à lui-même, je voudrais avoir les yeux, la peau, l’ouïe, le nez , la langue, le ventre et l’esprit pour capter les infimes vibrations du vent, le crissement du galet qui quitte la falaise, la solitude unique du regard caché derrière la fenêtre, le camaïeu des bleus  des morceaux de nuit entre les étoiles, des bleus des yeux des nouveaux nés, je voudrais aimer tous les parfums par-delà les murs des jardins, toucher sur ma peau la meurtrissure des liens qui unissent la poussière au sentier, sentir passer dans ma gorge comme miens tous les cris de l’univers, je voudrais accepter le poids des choses, le poids des êtres, le poids des faits, accepter les pulsions des désirs, les fulgurances des pensées, les besoins des âmes, des corps et des cailloux, enfin, je voudrais, dans les remous du fleuve du temps, dans le vide entre les instants, plonger tout entier et ressortir, comme au premier souffle du monde, sur les îles nées de ma liberté.

jeudi 31 août 2017

Petite fable dans le style de La Fontaine



                                            Par un beau jour d’été, une jolie sylphide
Promenait son minois sur la mousse humide
Un gros porc, lui, promenait son bide.
Vous, vous pensez déjà à une histoire sordide.

Mais en réalité voici ce qu’il advint.
Effrayée, l’ingénue en voulut au destin
De lui faire rencontrer un être si vilain
Et tout contre son cœur serra son sac à main.

« -Dégage mon chemin, vil animal lubrique
Je vois dans ton regard des idées sataniques. »
« -Mais non ma toute mignonne, surtout pas de panique
Je suis un porc gentil, ne me faites pas la nique. »

En se bouchant le nez et en le bousculant
Elle s’enfuit vite et loin en courant et hurlant
Laissant là le porc triste avec son cœur souffrant,
Son âme blessée entre  des bras ballants.

Elle ne vit pas le loup qui était à ses trousses.
Le bas du corps en rut et la gueule pleine de mousse
Il se voyait déjà croquant la jeune frimousse.
C’était sans compter sur notre porc et sa frousse.

Sa frousse certes mais son courage aussi
Car, voulant la défendre, il fut vite occis
Par la bête méchante qui le laissa sans vie
Et oublia la belle dès l’estomac rempli.

A construire une leçon servira ce malheur.
Je m’en viens vous la dire. Vous la saurez sur l’heure.
Ouvrez bien vos oreilles surtout n’ayez pas peur :
« La beauté de la peau n’égale pas celle du cœur »

lundi 29 mai 2017

L'aimer elle





Mon dernier recueil publié :

Disponible sur Amazon.fr et sur Lulu.com
                                                     
                                                                     


Souvenir de Marrakech



                               



                                           
                                                 les mains du feutrier
tout un jour
patiemment
à réconcilier les fibres de la laine
pour faire un chapeau
puis se mettre sur la tête
le vent de la montagne
les poussières bleues du désert
le soleil rouge des coquelicots
les mains calleuses des bergers berbères
et la chaleur des seins
des cardeuses du souk

lundi 26 décembre 2016

LIBERTE











je blesserai
la nuit
pleine
du non-présent
passé
du non-présent
futur
d’une déchirure
de lumière
neuve
et  j’y crierai
ma liberté


lundi 12 décembre 2016

SOUVENIR DE L'ILE DE LA REUNION



tu entres à Salazie le cirque vert t’absorbe
tu rampes au raz de la toison verte omniprésente
elle t’accueille elle t’attendait humide et tiède
sur les falaises verticales au sommet des pics à fond de ravine
les daturas sonnent à ton passage leurs cornets d’un parfum mortel
si doux jaune blanc rose violet versicolore
les bosquets de bambous explosent çà et là
en chapeaux de Gilles de carnaval
la forêt dans son innocence primordiale
ose tous les délires toutes les chimères tous les accouplements
tu t’égares tu te perds tu t’oublies
tu es revenu là d’où tu n’aurais jamais dû partir
soudain dans ce chambouli maternel
où la terre est une mer figée dans la tempête

tu t’es retrouvé 

jeudi 15 septembre 2016

ESSENCE ULTIME


                        dans l’instant suspendu
d’une angoisse extrême
quand la mort au ventre
a envahi l’esprit
d’armées de colère
enarmurées de haine
il advient quelquefois
dans un basculement
une déchirure
un rapt irrésistible
dans un rêve éveillé
un souffle retenu
une clairvoyance
un pur consentement
qu’apparaisse la trame d’amour
l’essence ultime de ce qui est
où se brode le fil des vies